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Ce jeudi 17 septembre, le décor n’était pas choisi au hasard. C’est à bord du navire-hôpital chinois Jixiang Fangzhou, actuellement en escale à Nouakchott, que l’ambassade de Chine a célébré le 77? anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.
Devant plusieurs responsables mauritaniens, dont le ministre des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Merzoug et le ministre de l’Enseignement supérieur Yacoub Ould Moine, l’ambassadeur Tang Zhongdong a rappelé la profondeur des relations entre les deux pays.
Depuis l’établissement des relations diplomatiques en 1965, a-t-il souligné, la confiance politique entre Nouakchott et Pékin n’a cessé de se renforcer. Les rencontres répétées entre les présidents Xi Jinping et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ont, selon lui, contribué à hisser les relations bilatérales au rang de partenariat stratégique. Mais derrière les formules diplomatiques, un autre message mérite d’être retenu.
Le marché chinois ouvert aux produits mauritaniens
L’ambassadeur a particulièrement insisté sur une donnée économique : les produits mauritaniens bénéficient d’un accès sans droits de douane au marché chinois.
Une ouverture qui pourrait constituer une opportunité importante pour la Mauritanie, à condition que le pays soit capable de transformer cet avantage commercial en exportations concrètes et diversifiées.
Car la question est désormais moins de savoir si la Chine ouvre sa porte que de savoir ce que la Mauritanie est réellement capable d’y faire entrer.
Le fer et le poisson restent au cœur des exportations mauritaniennes. Mais l’enjeu est de savoir si d’autres filières — agriculture, élevage, produits transformés et autres productions locales — pourront progressivement trouver leur place sur le vaste marché chinois.
C’est là que la coopération sino-mauritanienne pourrait changer d’échelle : passer d’une relation largement fondée sur les infrastructures et les grands projets à une relation donnant davantage de place à la production et à la transformation locales.
Du Port de l’Amitié au marché chinois
Dans son intervention, Tang Zhongdong a également rappelé le rôle historique joué par la Chine dans la construction du Port de l’Amitié, inauguré en 1986.
Près de quatre décennies plus tard, ce port demeure l’une des principales portes d’entrée et de sortie du commerce extérieur mauritanien.
Le symbole est donc puissant : hier, la Chine contribuait à construire l’infrastructure permettant à la Mauritanie de commercer avec le monde ; aujourd’hui, elle affirme vouloir faciliter davantage l’accès de ses produits à son propre marché. Reste à transformer cette disponibilité chinoise en résultats mauritaniens.
Le navire-hôpital, une autre image de la coopération
La présence du Jixiang Fangzhou donne une dimension supplémentaire au message chinois. Arrivé à Nouakchott le 15 septembre, le navire-hôpital a assuré gratuitement des consultations, examens et interventions médicales, ainsi que des activités au profit de structures sanitaires mauritaniennes.
La coopération ne se limite donc plus aux routes, aux ports ou aux infrastructures. Elle s’étend désormais à la santé, à la formation et à d’autres secteurs.
Pour Pékin, le navire-hôpital constitue aussi un instrument de coopération concrète et de rapprochement entre les peuples. L’ambassadeur Tang Zhongdong a estimé que sa visite donnerait un nouvel élan à la coopération sino-mauritanienne, notamment dans les domaines de la santé et de la coopération militaire.
Une amitié qui doit produire des résultats
Depuis 61 ans, les deux pays parlent d’amitié, de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant. L’ambassadeur chinois présente aujourd’hui cette relation comme un exemple de coopération entre pays du Sud global. Mais une relation stratégique se mesure aussi à ses résultats.
Pour la Mauritanie, le véritable enjeu est désormais de transformer les ouvertures annoncées par Pékin en emplois, investissements, exportations, transferts de savoir-faire et création de valeur locale.
La Chine semble avoir envoyé son message.
À Nouakchott maintenant de répondre par des actes.